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Quelques généralités

Aujourd’hui, chaque commune possède un bâtiment qui abrite le siège de l’administration municipale, mais il n’en a pas toujours été ainsi...

Ce n’est que sous la Troisième République que l’obligation pour chacune de se doter d’une mairie s’impose. Encore peu employé au début du XXe siècle, le terme de « mairie » s’est banalisé lorsque la fonction de maire a été valorisée et matérialisée par un édifice spécifique. Jusque là, on parlait d’Hôtel de Ville en zone urbaine et de maison commune en milieu rural. L’histoire des « maisons communes » débute à la fin du XIIe siècle quand les cités les plus riches et les plus dynamiques, désireuses de s’affranchir du pouvoir seigneurial ou religieux, obtinrent certaines libertés consignées dans une charte communale. Le pouvoir municipal était exercé par une assemblée de bourgeois qui se réunissait pour élire un corps de ville et un maire. L’Hôtel de Ville médiéval était un hôtel noble parfois fortifié. Outre la maison commune, la cloche incarnait la communauté urbaine : elle introduisit une mesure du temps nouvelle et différente de la mesure du temps ecclésiastique. Cet objet symbolique conduisit dans le Nord à la création de beffrois, qui au XIXe siècle devinrent un des éléments du vocabulaire architectural des mairies. Ailleurs, la cloche de la ville pouvait être placée dans le clocher d’une des églises de la cité : c’est le cas à Angoulême où la cloche de ville se situe dans le clocher de l’église Saint-André. C’est en 1789 que la France se dote systématiquement de communes administrées par un maire et un conseil. Les communes n’ont cependant alors aucune obligation à posséder un bâtiment spécifique. C’est le plus souvent la maison du maire qui tient lieu de maison commune. Cependant, en 1833, la loi Guizot sur l’enseignement primaire, en obligeant les communes à se doter d’une école de garçons favorisa la construction des mairies. En effet, de nombreuses communes contraintes de bâtir une école de garçons, et ne possédant toujours pas de bâtiment communal spécifique, décidèrent de construire un édifice unique abritant les deux fonctions. C’est le début d’une première vague de construction de mairies-écoles. Cependant, il fallut attendre la loi du 5 avril 1884 pour que toutes les communes soient obligées de se doter d’un Hôtel de Ville. Cette loi, combinée à celle de Paul Bert en 1879 rendant obligatoire la création d’une école de filles, puis à celle de Ferry en 1882 sur l’obligation scolaire, incita bien des communes, dans un souci d’économie, à bâtir un édifice abritant à la fois la mairie et les écoles. La forme la plus courante de ces mairies-écoles consiste à loger la mairie dans un corps central, et à disposer symétriquement l’école des filles et celle des garçons dans des ailes latérales. Il existait normalement un logement de fonction pour les instituteurs. Cette disposition ne contredit cependant pas la loi de 1884, qui stipule que nul ne peut habiter dans la mairie, puisqu’il n’existe pas de porte de communication entre l’appartement de l’enseignant et le siège de l’administration municipale. Le type des mairies-écoles est courant en milieu rural tout comme le type des mairie-halles dont les locaux cohabitent avec le marché couvert. Au chef-lieu de canton, la mairie abrite la plupart du temps la justice de paix qui se compose d’un « prétoire » pour le juge de paix et d’un cabinet pour le juge. En ville, le bâtiment municipal est plus imposant et les pièces plus nombreuses : salle du conseil, salle des mariages, salle des fêtes, bureaux pour le maire et les adjoints, état civil, etc. Parfois, lorsqu’il existe un monument (château, hôtel particulier) suffisamment important et digne de représenter le pouvoir communal, la municipalité s’en porte acquéreur et y installe la mairie. Au fil du temps, l’augmentation de la population et des tâches dévolues aux communes ont obligé certaines municipalités à trouver un lieu plus grand, mieux adapté à leurs nouvelles compétences. Ainsi de nombreuses communes possèdent deux mairies : l’ancienne et la nouvelle.

TEXTES de l’EXPOSITION "MAIRIES de CHARENTE, de fond en Comble"

 
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