Le vitrail est une composition décorative constituée de pièces de verre assemblées entre elles grâce à un réseau de plomb ou par du ciment (dalle de verre), qui tire son effet de la translucidité du verre. Il apporte une lumière colorée à l’édifice, tout en étant porteur d’un décor et d’un message.
La période d’épanouissement du vitrail en Occident s’étend du XIIe siècle au XVIe siècle. Il connaît ensuite deux siècles de régression qui s’explique par une nouvelle esthétique résultant d’une liturgie mise en place par le mouvement de la Réforme Catholique du XVIIe siècle. Au XIXe siècle, la redécouverte du Moyen Age et le mouvement de restauration des édifices religieux à l’instar de la Sainte-Chapelle de Paris a permis de renouer avec sa technique. Avec l’Art Nouveau, il entre dans la demeure, et avec l’art Déco ses techniques se renouvellent (dalles de verre, verre américain). Aujourd’hui, les artistes verriers font preuve d’une grande créativité en s’appuyant sur la diversité des matériaux et des techniques.
Deux corps de métier interviennent dans la fabrication du vitrail : le verrier qui fabrique le matériau et le peintre-verrier qui le met en oeuvre. Le verre est obtenu en chauffant ses composants (sable et cendres, soude, calcaire et débris de verre) dans un four ayant atteint une température située entre 1200°C et 1500°C. La teinte du verre est obtenue par divers oxydes métalliques : cobalt (bleu), cuivre (rouge), manganèse (pourpre), antimoine (jaune)... Il existe plusieurs procédés de fabrication du verre : le coulage, utilisé dans l’Antiquité, consiste à couler la pâte de verre sur une surface plane ; le soufflage, utilisé au Moyen Age et encore aujourd’hui, consiste à souffler à la bouche la boule de verre en fusion recueillie au bout d’une canne de fer.
Plusieurs étapes rythment l’élaboration de la verrière :
1. L’esquisse est créée à échelle réduite.
2. Le carton est réalisé à l’échelle, avec le tracé des détails de la peinture (visages, drapés), ainsi que des plombs, des barlotières et des vergettes.
3. La coloration consiste à choisir des feuilles de verre.
Les principales causes d’altérations du vitrail sont dues au déficit de qualité des matériaux : verre, peinture, métal de l’armature, mastic de calfeutrement, mais aussi à la position du vitrail entre deux milieux physiques différents : la face extérieure du vitrail est exposée aux variations climatiques et aux agressions physiques, tandis que la face intérieure est soumise à la condensation de l’humidité ambiante. Avec le temps, les résilles de plomb se déforment, des fentes ou des fêlures apparaissent et mettent en danger la cohésion des pièces de verre. La transparence du verre peut être altérée par le dépôt de micro-organismes (algues, lichens dus à la pollution, à l’humidité), ou bien par oxydation du manganèse, élément contenu dans la masse du verre.
Les peintures du vitrail sont aussi fréquemment effacées sous l’effet de l’humidité et de la prolifération de micro-organismes. À leur emplacement, le verre est généralement d’une coloration plus claire. Cette altération peut s’expliquer par la mauvaise qualité de la peinture, ou par une cuisson insuffisante (température inférieure aux 600°C nécessaires pour l’adhérence de la peinture sur le verre).
Des cratères peuvent également se former à la surface du verre. C’est le phénomène de dévitrification, propre aux vitraux médiévaux, lié à leur composition chimique ; certains éléments du verre sont solubilisés par le ruissellement des eaux de pluie.
La restauration des vitraux ne peut être envisagée si l’état sanitaire du lieu de conservation n’est pas satisfaisant. Les soins et traitements des verrières se décomposent en plusieurs étapes dont la première est la dépose. Cette opération consiste à retirer les panneaux de la baie après avoir démonté les éléments mobiles de l’armature métallique.
Une documentation est réalisée à partir du relevé précis de l’état général du vitrail. La remise en plomb est le remplacement partiel ou complet des plombs d’origine par des plombs neufs. Aujourd’hui, les restaurateurs essaient de conserver au maximum les plombs d’origine. Les pièces de verre cassées sont assemblées par ruban de cuivre adhésif (méthode Tiffany) ou par collage bord à bord. Cela consiste à fixer les pièces de verre, après rapprochement des bords, à l’aide de résine époxy ou de silicone. Lorsque la peinture est effacée, des repeints à froid sont effectués avec des couleurs qui ne nécessitent aucune cuisson.
Pour prolonger la durée de vie des vitraux, un grillage de protection peut être installé à l’arrière de la face extérieure de la verrière. Il s’agit d’un treillis métallique fixé à un cadre, attaché à la maçonnerie ou sur les ferrures, et placé derrière le vitrail pour le protéger. On peut également installer une verrière de protection ou double verrière. Placée à vingt-cinq millimètres en arrière du vitrail, elle protège celui-ci des atteintes extérieures et évite la condensation en créant une ventilation naturelle.
4. La coupe du verre selon la forme de la pièce indiquée par le carton.
5. La peinture apposée sur le verre selon le décor voulu.
6. La cuisson fixe la peinture sur le verre. Une température de 600°C à 620°C est nécessaire afin que le fondant vitrifiable de la peinture s’incorpore au verre.
7. La mise en plomb est le sertissage des pièces de verre (peintes et cuites) dans des baguettes de plomb dont la section forme un H. Pour assurer l’étanchéité, le panneau
est enduit d’un mastic liquide qui se glisse sous les ailes de plomb.
8. La pose du panneau dans la baie où l’on a préalablement installé l’armature.
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