En plâtre, terre cuite, bois, pierre, marbre, bronze… la sculpture est une oeuvre créée en trois dimensions : en bas relief ou en ronde-bosse. Qu’elle soit monumentale (faisant partie d’un monument) ou mobilière, c’est un élément majeur du répertoire ornemental civil et religieux. À l’origine peintes, les sculptures qui sont parvenues jusqu’à nous ont bien souvent perdu la quasi-totalité de leurs couleurs d’origine.
Les oeuvres sculptées sont peintes pour masquer le matériau qui les compose et pour créer l’illusion en figurant des détails anatomiques, vestimentaires, ou des fonds décoratifs. Les décors polychromes sont très divers : cabochons (motifs en relief composés de préparation puis peints ou dorés), sgraffitto (technique de dorure associée à la peinture), brocarts (motifs estampés en cire puis collés). Il n’est pas rare de trouver sur une même sculpture des laques associées à de la dorure et à de la peinture. Tous les matériaux sculptés peuvent être peints, mais le bois et la pierre sont les plus courants.
Avant de recevoir la peinture, les oeuvres en bois sont parfois recouvertes d’une couche de colle protectrice (encollage), d’une toile très fine (pour isoler la peinture du matériau), puis elles sont enduites de plâtre, de craie, de stuc ou d’une préparation à la céruse pour masquer les défauts d’exécution. Le plus souvent, une préparation blanche à base de carbonate de calcium, blanc de Meudon, associé à de la colle de peau, est directement posée sur le bois qui est ensuite poncé. La couche picturale est enfin appliquée. On peint à la détrempe (couleurs broyées à l’eau et agglutinées avec de la colle de gomme) ou à l’huile.
Avant d’être peintes, les sculptures en pierre sont recouvertes d’un bouche-pores généralement de couleur ocre.
Les laques, colorées en noir (sulfate de fer ou noir de fumée), en rouge (cinabre), parfois en vert, en jaune ou en bleu, peuvent être appliquées sur le bois. La méthode consiste, après avoir collé une soie ou une toile fine sur un apprêt, à étendre successivement deux couches ou plus de laque colorée. Chaque couche doit être poncée au charbon de bois et séchée avant l’application de la couche suivante.
Pour les oeuvres anciennes en pierre et en bois, ces techniques s’effectuaient à la détrempe. Les feuilles d’or ou d’argent étaient collées sur le bois et la pierre, après avoir été préalablement recouvertes d’un apprêt. Aujourd’hui abandonnées, ces techniques sont remplacées par le dorage et l’argentage électrolytiques. L’oeuvre est plongée dans une cuve contenant une électrolyse et, tenant lieu de cathode, elle se recouvre d’or ou d’argent.
Les maladies de la pierre calcaire sont liées soit à la dégradation des matériaux contenus dans la pierre (oxydation des goujons qui assemblent les différentes parties d’une sculpture, sel contenu dans le plâtre de réfection qui peut provoquer l’effritement de la pierre), soit aux conditions atmosphériques et climatiques. La pierre est un matériau poreux. Elle absorbe l’humidité provenant des pluies, des remontées capillaires, de la condensation. L’eau se déplace à l’intérieur des pores, transporte des particules nocives qui peuvent dégrader la pierre lors de l’évaporation de l’eau. Par temps de gel, son volume augmente et provoque l’éclatement de la pierre. L’humidité favorise aussi le développement de végétaux (lichens, mousses, algues) qui couvrent la surface de la sculpture et entretiennent son hygrométricité. Pour remédier à ces altérations, il faut d’abord intervenir sur l’environnement de l’oeuvre. Pour la statuaire extérieure, il faut rejointer, canaliser les eaux de ruissellement et refaire les couvertures, pour éviter tout contact avec l’oeuvre. Pour les sculptures d’intérieur, la proximité ou le contact avec un mur humide est une cause fréquente d’altération. Il est donc nécessaire d’isoler l’oeuvre de la source d’humidité en créant un écran de protection entre l’élément agressif et la sculpture. Lorsque l’oeuvre est atteinte, il faut stopper les échanges du cycle humidification et sécher l’intérieur de la pierre. Pour cela, des produits durcisseurs qui agglomèrent les particules pulvérulentes de la pierre sont appliqués.
Le bois est également un matériau très sensible à son environnement. Sous l’effet de l’humidité son volume augmente ; soumis à une atmosphère plus sèche il se rétracte. Il en résulte une déformation de la structure qui altère la couche picturale. Le bois peut aussi subir des attaques biologiques : les champignons et les mousses provoquent des pourritures ; les insectes xylophages déposent leurs oeufs dans le bois puis les larves creusent des galeries. Enfin, la lumière est un facteur de dégradation important pour le bois, la couche picturale et le vernis. Pour remédier aux risques d’altération, il convient d’abord de stabiliser les conditions climatiques de l’environnement (taux d’humidité et ensoleillement contrôlés). Lorsque le bois est endommagé, il est nécessaire de le consolider par imprégnation (par injection ou au pinceau) ou à l’aide de moyens mécaniques : mise en place de chevilles en inox ou en bois, ou mieux de tiges en fibres de verre ou en carbone ; collage. Les cavités sont généralement bouchées au mastic. Lorsque la couche picturale est dégradée, une résine est appliquée entre les écailles de polychromie et le support afin de fixer la peinture.
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