Ni remise à neuf, ni recherche de l’état d’origine de l’œuvre, la restauration s’apparente à une quête d’authenticité où la prudence est le maître mot.
Définition
La restauration consiste à intervenir directement sur les
biens culturels endommagés ou détériorés, dans le but de
prolonger leur existence, de faciliter leur lecture, tout en
respectant l’intégrité de l’oeuvre. L’une des difficultés est
d’accepter et de conserver les traces du passé qui méritent
de l’être.
La restauration exige donc de sérieuses compétences, elle
doit être basée sur une déontologie stricte et un profond
respect des oeuvres à restaurer.
La conservation préventive
Parce que la restauration n’est pas un geste anodin, il
convient de protéger les oeuvres préalablement. C’est le
rôle de la conservation préventive qui consiste à prévenir
les risques de dégradation, à retarder la détérioration et à
éviter la restauration des biens culturels. Les mesures
conservatoires reposent sur le contrôle des facteurs
externes d’altération et la garantie de conditions optimales
de conservation.
Les principes éthiques de la restauration
La restauration doit être justifiée et limitée au strict
nécessaire.
Ainsi, il est primordial de vérifier que l’oeuvre est bien
menacée ou altérée, qu’elle risque de disparaître ou de ne
plus être compréhensible. Pour cela, on pratique un
examen diagnostique préalable pour déterminer les
matériaux constitutifs et son état de conservation, identifier
les altérations et leur étendue, évaluer les causes des
dégradations et mesurer l’ampleur de l’intervention
nécessaire à la préservation de l’œuvre.
L’une des règles éthiques en matière de restauration est la
réversibilité des interventions. Ainsi les produits, matériaux
et procédés utilisés ne doivent pas nuire au bien culturel, ni
à l’environnement ; ils doivent être compatibles avec les
matériaux composant l’oeuvre et doivent être réversibles.
D’autre part, si au cours de la restauration une restitution a
été opérée, elle doit être décelable. L’ensemble de la
restauration doit être parfaitement documenté.
Enfin pour garantir au mieux la pérennité de l’œuvre
restaurée, il est nécessaire d’avoir mis préalablement en
évidence les conditions ultérieures de conservation. Ainsi,
si la restauration a été occasionnée par l’état sanitaire du
lieu de conservation, l’oeuvre ne devra jamais être
réintégrée dans celui-ci s’il n’a pas subi d’interventions
garantissant la conservation et la sauvegarde du bien
culturel restauré.
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