Paysage du Rouillacais Musée de la Bande Dessinée d’Angoulême École Duruy Place du minage Château de Villebois Lavalette Société Archéologique et Historique de la Charente Angoulême

La peinture murale

La peinture murale

Apposée sur un support architectural, la peinture murale fait partie intégrante du monument pour lequel elle a été conçue et réalisée. Indissociables, architecture et peinture murale ne peuvent être restaurées l’une sans l’autre.

Les origines

Durant l’Antiquité, la peinture murale est un élément majeur du décor. De nombreux témoignages subsistent dans les tombes égyptiennes, étrusques, les palais crétois et les maisons pompéiennes. Les catacombes romaines décorées par les premiers chrétiens, présentent aussi quelques vestiges.

Au Moyen Age, la peinture murale est au service de la foi et couvre intégralement les édifices religieux. A la Renaissance, sous l’impulsion de la philosophie humaniste et dans le contexte des guerres de Religion, celle-ci gagne l’architecture civile et traite de scènes profanes. Puis dans le contexte de la Contre-Réforme, l’espace sacré est de nouveau réinvesti. La peinture murale est depuis les années 1970 au service de l’espace urbain : en couvrant les façades aveugles et les pignons décrépis elle redonne une valeur esthétique à ces ensembles nus.

Les techniques

Il existe depuis l’Antiquité deux grandes techniques de peintures murales : la fresque et la technique à sec. La technique de la fresque (« a fresco ») consiste à apposer des pigments de couleurs dilués à l’eau sur un enduit frais et humide composé de chaux grasse et de sable. La fresque est basée sur le principe de la « carbonatation », réaction chimique qui s’opère entre la chaux contenue dans l’enduit et le gaz carbonique présent dans l’air, qui conduit au durcissement de l’enduit et à la fixation de la couche picturale. Toutefois, cette carbonatation n’est supportée que par un petit nombre de pigments (rouge, jaune, noir, blanc, bleu, vert).

Avant de peindre, le fresquiste applique sur le mur deux couches d’enduit : l’arriccio qui égalise la surface à peindre et reçoit l’esquisse préparatoire ou sinopia, tracée à l’ocre rouge et rehaussée de noir et l’intonaco plus fin qui reçoit les couleurs. L’intonaco est posé en petites portions, au jour le jour en fonction des parties à exécuter par le peintre, car cette couche doit toujours rester humide. La technique à sec (« a secco ») consiste à appliquer sur un enduit sec les pigments de couleur associés à un liant. Ce liant peut être minéral (lait de chaux), organique (à base d’huile de lin, d’oeillet ou de pavot), à base de colle animale, oeuf, ou gomme végétale (détrempe). Contrairement à la technique de la fresque, la palette est variée. La préparation du support se réduit souvent à un seul enduit, constitué d’argile et de végétaux mêlés, de mortier et de chaux, de chaux et de plâtre, ou de plâtre seul.

Étude préalable à la conservation et la restauration des peintures murales

Toute intervention doit être précédée d’une étude préalable de l’oeuvre visant à parfaire sa connaissance historique, technique et esthétique. Il convient également d’analyser l’oeuvre pour déterminer ses composants et établir un constat de son état de conservation. Des analyses scientifiques réalisées en laboratoire spécialisé dans la conservation peuvent s’avérer nécessaires. Il s’agit en effet d’identifier le plus précisément possible les altérations et leur étendue afin de déterminer les méthodes et produits appropriés pour enrayer le processus de dégradation et prolonger la durée de vie de l’oeuvre.

Les sondages

Les sondages sont pratiqués pour vérifier l’existence de peintures murales sous un badigeon. Ils consistent à supprimer le badigeon sur quelques cm² à l’aide de scalpels, grattoirs etc. Ils doivent être suffisamment nombreux pour être significatifs et permettre la reconnaissance des zones peintes. Le dégagement total des peintures murales est déconseillé s’il ne s’accompagne pas d’un programme de restauration.

Nettoyage

Il consiste à débarrasser la couche picturale des poussières, des concrétions salines, des microorganismes, des restes de badigeons ou de résines… Les produits réversibles et clairement identifiés sont appliqués avec parcimonie. Le nettoyage réclame expérience et prudence, afin d’éviter toute abrasion de la couche picturale.

Consolidation de l’enduit et fixation de la couche picturale

La peinture peut présenter plusieurs types d’altérations : manque d’adhérence de l’enduit par rapport au mur (fissures, poches...), perte de cohésion de la couche picturale par rapport à l’enduit (écaillage, soulèvements, pulvérulences…). Pour consolider les enduits, le restaurateur injecte par seringues hypodermiques des substances proches de celles d’origine (eaux de chaux), des résines naturelles traditionnelles (cire, colles animales) ou bien des résines acryliques en ayant pris soin de maintenir la peinture sous presse. Des fixatifs sont employés pour fixer la couche picturale. Il faut néanmoins rester prudent avec l’utilisation de ces produits, qui doivent être réversibles et compatibles. Des tests préliminaires sont opérés.

Lacunes et restitutions

Les enduits disparus sont refaits. L’une des options consiste à les traiter dans un ton neutre ou proche du ton originel. Lorsque les lacunes sont nombreuses et qu’elles gênent la compréhension de l’oeuvre, une réintégration picturale est envisagée. Elle doit cependant être décelable, pour la distinguer de l’oeuvre originale, tout en participant à l’harmonie chromatique de l’ensemble. Pour cela, on a recours au trattegio, technique qui consiste à poser des hachures colorées sur un mastic blanc. Une autre technique dite « illusionniste », consiste à employer pour les restitutions un ton plus clair et plus froid que les couleurs originales.

La dépose des peintures murales : une intervention extrême

Cette technique, largement employée au XIXe siècle et jusque dans la première moitié du XXe siècle, consiste à détacher la couche picturale du mur et à la déposer sur un autre type de support. La dépose doit rester exceptionnelle et se limiter aux cas où la survie de l’oeuvre est en jeu, notamment lors de la destruction de l’édifice. Car il s’agit d’une intervention périlleuse, dommageable pour la peinture. De plus, la conservation des peintures déposées pose de nombreux problèmes.

 
lundi 13
Mai 2013
mardi 14
Mai 2013
mercredi 15
Mai 2013
jeudi 16
Mai 2013
vendredi 17
Mai 2013
samedi 18
Mai 2013
dimanche 19
Mai 2013
13/05 20 
14/05 20 
15/05 20 
16/05 20 
17/05 20 
18/05 20 
19/05 20