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L’art gothique à Angoulême

L’art gothique est assez peu représenté en Charente. La ville d’Angoulême conserve cependant quelques traces de cette période de la dernière partie du Moyen Age.

Le terme Gothique désigne la période artistique qui s’étend de l’âge roman à la Renaissance (XIIe-XVIe siècle). Elle débute avec ce que l’on qualifie de « premier art gothique » et s’achève avec le gothique flamboyant.

Hors de cette fourchette chronologique « classique », nous trouvons du gothique tardif aux XVIIe et XVIIIe siècles et du néo-gothique au XIXe siècle. En architecture, ce style se caractérise notamment par la volonté de construire des édifices souvent plus hauts et plus éclairés. Certains éléments d’architecture développés à partir des XIIe et XIIIe siècles participent de ce mouvement : voûte sur croisée d’ogives, arcs-boutants, grandes ouvertures. Le mur perd peu à peu son rôle d’élément porteur permettant ainsi à l’architecte d’ouvrir des fenêtres de plus en plus importantes et devient une véritable ossature. Ce processus est à l’origine de l’essor du vitrail. Le décor évolue lui aussi. Encore assez sobre au XIIIe siècle, il se complique jusqu’à devenir parfois envahissant aux XVe et XVIe siècles : c’est le style flamboyant.

1. LES TOURS DE L’HOTEL DE VILLE

Ce sont les seuls vestiges du château comtal démoli au siècle dernier et remplacé par l’actuel bâtiment. Le donjon polygonal date de la fin du XIIIe siècle et du début du XIVe siècle. Au deuxième étage, se trouve la salle des gardes voûtée en berceau brisé. Au-dessus, la pièce est de plan octogonal, et elle est couverte d’une voûte d’ogives à huit nervures retombant sur des colonnettes. La tour ronde ou tour des Valois fut ajoutée au XVe siècle par le comte Jean de Valois. Son troisième étage comporte une salle agrémentée d’une cheminée et voûtée d’ogives flamboyantes à liernes et tiercerons. C’est ici que la tradition fait naître en 1492 Marguerite d’Angoulême, sœur de François 1er. Un cabinet ou oratoire jouxte cette pièce. Ses ogives retombent sur des culots sculptés. Les clés de voûte sont ornées de blasons. Dans la grande salle, nous trouvons les armoiries écartelées d’Orléans et de Milan dans un écu encadré de deux lévriers. Les blasons de Charles de Valois et de son épouse Louise de Savoir ornent les clés de voûte de la petite salle. Les larges fenêtres à meneaux, la cheminée, l’ampleur de la salle traduisent la vocation résidentielle de ces salles.

2. RUE DES ARCEAUX

On y voit encore le pignon de l’ancienne église Saint-Paul démolie au XIXe siècle lors de travaux d’urbanisme.

3. RUE DE GENEVE

La maison à pignon dans laquelle Calvin séjourna en 1533-1534 a gardé une belle fenêtre à meneau et culots géométriques. C’est ici que Calvin aurait entrepris de rédiger « L’Institution de la religion chrétienne ».

4. RUE SAINT-MARIE

A l’angle de la rue, une maison à pignon de la fin du XVe siècle conserve une porte à l’encadrement mouluré. Un emplacement était réservé pour un blason au sommet de l’arc.

5. RUE TAILLEFER – EGLISE SAINT-ANDRE

Cet édifice comporte une avant-nef romane et un triple vaisseau à chevet plat du XVe siècle. Nef centrale et collatéraux sont voûtés d’ogives à liernes dont les retombées sont à pénétration dans les supports engagés sur les murs latéraux et dans les piles circulaires des grandes arcades. Ces voûtes légèrement bombées dites « angevines » furent restaurées au XVIIe siècle à la suite des destructions provoquées par les Huguenots à la fin du XVIe siècle. Signalons également les chapelles latérales dont les ogives à liernes et tiercerons retombent sur des culots dont certains sont ornés d’un blason. A l’extérieur, les grandes fenêtres, les imposants contreforts ornés de fleurons et le clocher carré percé d’une baie à remplages témoignent du style de cette fin de siècle.

6. LE PALAIS TAILLEFER

Situé en face de l’église Saint-André qui dut lui servir de chapelle, ce palais fut une des demeures des comtes d’Angoulême. Deux baies en arc brisé comportant encore quelques motifs décoratifs végétaux constituent les vestiges de cette construction de la fin du XIIe siècle et du début du XIIIe siècle.

7. PLACE DU MINAGE

Elle fut dès le XIVe siècle un lieu d’échanges commerciaux et dotée d’une halle. La rue des Poissonnières qui la longe garde dans son nom le souvenir de cette intense activité économique passée. De même, le nom de la place fait allusion à la mine, unité de mesure de grain. Le minage était une taxe perçue sur les ventes.

8. DANS LA RUE DU MINAGE

Au niveau du n°8, il reste deux fenêtres du XVe siècle dont l’encadrement simplement mouluré conserve la trace d’un meneau disparu.

9. CHAPELLE DE L’HOPITAL DE BEAULIEU

En suivant la rue du Minage puis en prenant la rue de Beaulieu à droite, on atteint la chapelle des Cordeliers. Les Franciscains s’installèrent à Angoulême vers 1230. Une quinzaine d’années plus tard, les Jacobins devaient occuper l’emplacement de l’actuel Palais de Justice. La chapelle des Cordeliers, désormais chapelle de l’Hôpital de Beaulieu, est le vestige majeur du couvent qu’ils fondèrent. La nef de trois travées du XIIIe siècle et le chœur à chevet plat du XIVe siècle sont couverts de voûtes d’ogives. A l’extérieur, la silhouette simple du bâtiment et sa flèche latérale peu élevée renvoient au style caractéristique de l’ordre mendiant franciscain. Le clocher comporte deux niveaux sans doute construits au début du XIVe siècle et une flèche du XVe siècle aux pans ornés de fleurons. D’imposants contreforts d’angle épaulent le chevet plat percé d’une immense baie en tiers-point à remplages de pierre. Non loin de là, au bout de la rue de Beaulieu, le lycée Guez de Balzac occupe le site de l’abbaye bénédictine de Beaulieu élevée à la fin du XIe siècle et au début du siècle suivant, aujourd’hui disparue.

10. CHAPELLES DE LA CATHEDRALE SAINT-PIERRE

Des chapelles élevées autour de la cathédrale à partir du XIIIe siècle, celle de Saint-Thibault est la seule rescapée. Elle ouvre sur le bras sud du transept et présente deux travées voûtées de croisées d’ogives à liernes du XVe siècle. La chapelle funéraire des Saint-Gelais était dédiée à Notre-Dame. Elle n’a pas survécu aux guerres de religion et aux destructions perpétrées au XIXe siècle lors des travaux de restauration de la cathédrale. De beaux vestiges de bas-reliefs italianisants du XVIe siècle sont encore visibles dans le jardin, près du chevet de la cathédrale.

11. L’ANCIEN EVECHE

Devenu Musée, c’est à l’origine un bâtiment du XIIe siècle remanié entre le XVe et le XIXe siècle. Des encadrements, culots sculptés ou piédroits des XVe et XVIe siècles ornent d’anciennes ouvertures pour la plupart aujourd’hui murées. A remarquer, rue Friedland, un pignon à crochets et cordelière. Il fut élevé fin XVe –début XVIe siècle par l’évêque Octavien de Saint-Gelais. Un singe laid, armes parlantes de l’évêque, le surmonte.

12. RUE DE L’EVECHE

Une maison romane remaniée notamment aux XIIIe et XVe siècles présente des traces de baies en plein cintre, en arc brisé ou à meneaux. Derrière cette façade, une boutique du XIIIe siècle a conservé ses deux travées voûtées d’ogives.

13. LA C.I.B.D.I (Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image)

Elle est implanté sur le site de l’ancienne abbaye bénédictine Saint-Cybard. Cette dernière fut très endommagée, notamment par les Huguenots au XVIe siècle. On peut aujourd’hui y voir des traces d’arrangement correspondant sans doute aux murs de l’ancien réfectoire et des travées de style gothique tardif du XVIIe siècle.

A voir aussi :
- Collections lapidaires du Musée des Beaux Arts
- Collections lapidaires du Musée de la Société Archéologique et Historique de la Charente. A voir autour d’Angoulême :
- Ruines de l’église abbatiale de La Couronne XIIe-XVe siècles.
- Eglise de Nersac XIIe-XIIIe et XVe siècles.
- Eglise de Blanzac, XIIe-XIIIe et XIVe siècles.
 
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