Chef-lieu de canton, situé à 25 Km au sud-est d’Angoulême, Villebois-Lavalette comptait 687 habitants au début du XXe siècle. Elle en regroupe actuellement 779 (recensement 2004). Vers 1900, cette commune rurale, implantée au pied du château, possédait un bureau de poste, une perception, une étude de notaire, une justice de paix et
attirait une grande foire aux bestiaux le 2e samedi de chaque mois.

Jusqu’en 1903-1904, date de la construction de l’actuel édifice communal, les bâtiments abritant la mairie, la justice de paix, l’école de filles et la classe maternelle se trouvaient dans la venelle des Ursulines au coeur du bourg, près des halles. L’école des garçons se situait, elle, au château.
Conscient de l’exiguïté des locaux implantés dans la venelle des Ursulines et de l’inconfort du château, la municipalité envisagea dès 1895 de financer une nouvelle construction.
Le site du Champ de Foire, mieux adapté, fut préféré au château, car même s’il fallait y acquérir un terrain, l’emplacement semblait « plus central » et « mieux à la disposition du public dans le cas où l’on construirait un groupe scolaire, une mairie et une justice de paix dont le besoin se fait vivement sentir à Lavalette » (Délibérations Conseil Municipal du 9/03/1895).
En 1900, la commune acquiert un terrain de 60 ares, appartenant à Madame Veuve Bonjean, à l’angle du Champ de Foire et de la rue des Rampeaux. La même année, l’architecte angoumoisin Louis Martin (1867 - † ?) propose un premier projet de mairie-écoles : le corps central du bâtiment orienté vers le Champ de Foire abritant la mairie et la justice de paix au rez-de-chaussée ; l’étage étant dévolu aux logements des enseignants. L’école de filles et celle de garçons, comprenant 4 travées sur 1 niveau, se situaient en prolongement de part et d’autre du corps central. Pour couronner l’ensemble, l’architecte prévoyait au-dessus d’un fronton contenant une horloge, un petit beffroi. Le projet ne fit pas l’unanimité et dut être remanié.
Le nouveau bâtiment communal fut inauguré en 1904 sous le mandat du maire Henri Blanc-Fontenille. Il avait coûté 68 010 francs. L’Etat accordant une subvention de 21 060 francs et le Conseil Général de 2 565 francs, la commune dut souscrire un emprunt sur 30 ans.
Bordant la rue des Rampeaux, la mairie-écoles présente une façade principale répartie en 5 travées sur 2 niveaux avec 2 ailes en retrait. Au rez-de-chaussée, de part et d’autre de la porte d’entrée, se trouvaient à droite les locaux de la mairie et à gauche ceux de la justice de paix. Les appartements des instituteurs occupaient le second niveau ainsi que les deux corps de bâtiments situés légèrement en retrait.
La symétrie de la façade, la travée centrale à bossage surmontée d’un fronton curviligne sculpté et les encadrements des baies sont autant de références au style classique et aux ailes XVIIe siècle (en partie détruites) du château de Villebois-Lavalette.
Le balcon, d’où les édiles s’adressaient à leurs concitoyens ainsi que les inscriptions « Mairie » sous le fronton et « Filles » et « Garçons » au-dessus des portes latérales des écoles signalent les deux fonctions de l’édifice, à la fois mairie et écoles.
A l’arrière du bâtiment, deux ailes encadrent les cours de récréation chacune abritant deux classes (deux pour les garçons à droite, une pour les filles et une maternelle à gauche). Deux préaux clôturent le tout.
L’école a été agrandie en 1959-60 par la construction de salles au-dessus des préaux.
Dans le square devant l’entrée, se dressent le monument aux morts signé et daté « Emile Peyronnet, 1923 » (1872-1956) et le buste du docteur Elie-Séverin Dumas (1825-1909), bienfaiteur du canton.
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