Située à environ 40 km d’Angoulême et à 60 km de Poitiers, Ruffec est à la fois la porte d’entrée vers l’Angoumois au sud et vers le Poitou au nord. Implanté sur des terrains calcaires, particulièrement favorables pour la culture des céréales, Ruffec fut, jusqu’au début du siècle dernier, grâce à ses foires renommées, un important centre commercial et le reste aujourd’hui par sa dynamique et sa diversité économiques.
La ville connut un important essor sous la Monarchie de Juillet (1830-1848). A cette époque, le maire, Demondion, entreprit de grands travaux : destruction en 1836 des anciennes halles trop vétustes et insalubres, construction d’une mairie-halles et création de promenades.

Ainsi l’Hôtel de Ville de Ruffec, édifié entre 1837 et 1842, est l’un des plus anciens du département, les autres mairies charentaises ayant été bâties le plus souvent dans la seconde moitié du XIXe siècle, voire dans le dernier tiers du XIXe siècle (années 1870-1880).
Dès 1832, un premier projet architectural concernant la construction d’un Hôtel de Ville, était soumis à l’approbation de la municipalité. Mais trop coûteux, il fut rapidement abandonné. En 1837, l’architecte du département Paul Abadie père (1783-1868), proposa un nouveau projet combinant Hôtel de Ville et halles qui fut aussitôt accepté et un emprunt de 46 000 francs fut contracté pour sa réalisation. On envisagea un temps d’y installer également le Palais de Justice, mais faute de moyens financiers suffisants, l’idée fut abandonnée.
La première pierre de l’Hôtel de Ville fut posée le 30 juillet 1837. Au cours de la cérémonie, le maire déposa sous celle-ci, une plaque commémorative et des pièces de monnaie à l’effigie de Louis-Philippe, ainsi qu’une plaque mentionnant les noms des 25 conseillers municipaux de l’époque. Les travaux de l’Hôtel de Ville s’achevèrent en
1842.
Le bâtiment appartient au type des mairies-halles. Il est constitué de quatre volumes imbriqués : un corps central, de bâtiments latéraux et à l’arrière les halles implantées dans le sens est-ouest. Au centre, le bâtiment principal, légèrement saillant, s’élève au-dessus d’un rez-de-chaussée à bossages. Contrastant avec ce socle, les niveaux supérieurs présentent des surfaces lisses uniquement animées par des chaînages d’angle, également traitées en bossage. Les baies de formes différentes, à arc en plein cintre au rez-de-chaussée, à angle droit et ouvrant sur un balcon au premier étage, de forme carrée pour l’attique, rythment la façade. Un fronton triangulaire, souligné de
denticules, et au centre duquel se tient l’horloge, donne toute sa monumentalité à ce bâtiment.
Deux ailes latérales plus basses et étroites, et légèrement en retrait,
encadrent ce corps central. Elles reprennent sur leurs deux niveaux
d’élévation le traitement de la façade principale. En revanche le
traitement des ailes extérieures diffère par une plus grande sobriété et
de plus larges ouvertures, de façon à distinguer cette partie de la façade
principale de l’Hôtel de Ville. L’ensemble du bâtiment est couvert d’une
grande toiture d’ardoises surmontée d’un clocheton couronné d’une
girouette.
A l’intérieur de la mairie, dans le hall d’entrée, prend place un escalier
monumental à deux volées. Sur le palier, un buste de Marianne
symbolise la République.
Le style néo-classique du bâtiment contribue à exprimer le pouvoir
communal : une décoration sobre, l’usage de formes géométriques
simples, l’alternance de grandes surfaces nues et de surfaces animées par un bossage...
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