La commune de Ruelle-sur-Touvre, chef-lieu de canton, est située à 6 Km au Nord Est d’Angoulême. Grâce à la Fonderie, implantée dès le milieu du XVIIIe siècle par le Marquis de Montalembert, la ville devint dès le XIXe siècle l’un des pôles économiques majeurs du département.
Ainsi, la population de Ruelle ne cessa de croître passant de 1429 habitants en 1865, à 4187 habitants en 1914 et à 7502 habitants en 2002.

La première « maison commune » connue se situait pendant la Révolution au « ci-devant presbytère », rue Madame Curie, dans le bourg. C’est dans cette même maison que s’installa le premier instituteur de la République le 29 floréal an III (mai 1794).
De 1855 à 1887, la mairie occupa les locaux de l’école communale de garçons, au Maine-Gagnaud, à hauteur du 34, avenue Jean Jaurès. Depuis 1873, l’école laïque de filles se trouvait dans le bourg. Durant toutes ces années, l’exiguïté des lieux, associée aux nouveaux besoins engendrés par une population croissante, poussa la commune de Ruelle à envisager la construction d’une nouvelle mairie. En 1881, l’architecte Préponnier proposa le plan d’une mairie-écoles conçue pour accueillir 320 élèves dans le quartier de la gare. Mais c’est finalement sur les terrains du Champ de Foire, acquis en 1884 pour 17 363 francs, qu’un second projet du même architecte vit le jour. Il s’agissait d’une mairie-écoles d’une dizaine de classes pouvant accueillir 500 élèves. Le bâti et le mobilier coûtèrent 119 120,20 francs à la commune.
La nouvelle mairie fut inaugurée en 1887 sous le mandat de François Delémery, à l’extrémité du Champ de Foire.
Le plan de la mairie-écoles de Ruelle est un vaste quadrilatère : quatre ailes encadrent une cour centrale divisée par un mur nord-sud séparant l’école des garçons de celle des filles. L’aile sud, vers le Champ de Foire, se composait de 3 pavillons séparés par 2
préaux sur lesquels figuraient les inscriptions « filles » et « garçons ». Les pavillons d’angle abritaient le logement des instituteurs et le pavillon central était réservé à la mairie, avec à l’étage le cabinet du maire, le local d’archives et la salle du Conseil. En 1972-74, les préaux de l’aile sud furent remplacés par des bâtiments à 2 niveaux. Celui de gauche, ainsi que le pavillon central, est aujourd’hui affecté aux bureaux de la mairie.
Les ailes est et ouest, comprenaient 5 classes chacune, les unes réservées aux garçons, les autres aux filles. L’aile nord se composait d’un grand préau et des chambres des instituteurs-adjoints situées aux angles.
La façade de la mairie en pierre de taille est divisée en trois travées. Elle s’élève sur un soubassement et est accessible par un escalier d’une dizaine de marches. Vers 1900, une allée bordée d’arbres menait à cet escalier d’accès. Le 1er niveau traité en bossage, très sobre, est séparé du second par un large bandeau sur lequel on peut lire la devise républicaine : Liberté - Egalité - Fraternité.
La date d’inauguration et le nom du maire sont apposés à gauche de la façade sous le bandeau.
L’étage est magnifié par le soin apporté à la décoration des encadrements des baies. Au-dessus de chacun d’elles, des consoles supportent des frontons interrompus, alternativement triangulaires et curvilignes, ornés en leur centre de médaillons sculptés. Le fronton de la baie centrale, plus large et divisée par un meneau sur lequel s’appuie une colonnette à chapiteau composite, enserre un médaillon sculpté du monogramme de la ville. La façade est couronnée d’un fronton triangulaire.
Dans le square du 8 mai 1945, se dresse aujourd’hui le monument aux morts sculpté par Emile Peyronnet (1872-1956) et inauguré en 1922. Il était placé à l’origine dans le cimetière. Il fut transféré à son emplacement actuel en 1947 et modifié afin de pouvoir commémorer également les morts pour la France durant la Seconde Guerre mondiale.
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