A une date qui reste encore inconnue (XVIe siècle vraisemblablement), la ville de Confolens a été dotée d’un corps de ville : trois ou quatre consuls (selon les époques) qui géraient les affaires de la paroisse Saint-Maxime, la ville, les faubourgs restant dotés de syndics à l’instar des paroisses rurales.

Ce premier organisme municipal ne disposait pas d’un local et c’est le seigneur de Confolens (baron puis comte après 1604) qui fournit un logement pour abriter les séances du conseil consulaire ; quant aux assemblées des habitants elles se déroulaient sous les halles puis, à partir de 1662, dans la chapelle Notre-Dame-de-Châteauvieux (actuellement détruite).
Ce local seigneurial était situé rue Pinaguet, dans la maison dite Chez-Pinaguet, qui abrita également les prisons seigneuriales au XVIIIe siècle et les greniers où étaient stockés les grains provenant des redevances payées au seigneur sous forme de rentes ou de dîmes inféodées.
Ce local se révéla vite trop petit, obscur et mal commode. Dans le courant du XVIIe siècle, le corps municipal s’installa dans une maison (appelée plus tard les vieilles prisons), à l’intersection de la rue de La Ferrandie et de la place du Minage, où se trouvaient les halles et le marché aux grains. Cette place était le coeur de la ville, elle servait de cadre aux exécutions capitales. En 1714, Louis XIV créa l’élection de Confolens, dotée d’environ 75 paroisses ou enclaves, et acheta la maison du sieur Barbier de L’Echassier, qui touchait la maison de ville, pour en faire le palais de l’élection, qui possédait sa propre prison destinée aux collecteurs. Cet ensemble ne fut guère entretenu, d’autant plus qu’en 1776 le roi Louis VI décréta que l’entretien du palais de l’élection serait désormais à la charge de la ville. L’état de vétusté de cet ensemble était tel que dans la nuit du 5 au 6 février 1784, une partie du bâtiment s’effondra et qu’il fallut la reconstruire.
Au début du XIXe siècle, la ville trouva plus économique de louer au département les prisons et le bâtiment de la maison de ville, quitte à s’installer ailleurs dans un local dont la location était bien inférieure. La différence procurait une petite rentrée d’argent ; il n’y a pas de petits bénéfices. Ceci dura jusqu’à la construction de prisons neuves en 1821/1825 (maintenant disparues). Après, le conseil municipal revint siéger dans le local des vieilles prisons. Ce bâtiment, bien que rénové, donna des signes de faiblesse au bout de quelques décennies, si bien que le 26 juin 1867, la municipalité acheta, moyennant 22.010 francs, l’ancien hôtel Dassier-Desbrosses, situé à quelques mètres, pour s’y installer (avec la poste, les deux justices de paix des cantons de Confolens Nord et Sud et le commissariat de police). L’ancienne mairie fut vendue en deux lots le 22 août 1869.
Cet hôtel Dassier-Desbrosses (ou d’Assier des Brosses) a été reconstruit à l’initiative de Jacques-Joachim Dassier-Desbrosses et terminé en 1777. Après l’émigration de son propriétaire en 1792 il ne fut pas vendu comme bien national mais servit d’infirmerie pour les suspects emprisonnés sous la Terreur. Le 9 avril 1811, ce bâtiment fut mis à la disposition du département pour y installer le tribunal, la sous-préfecture et le logement du sous-préfet. Une fois la ville dotée d’une sous-préfecture et d’un nouveau tribunal (construit entre 1864 et 1868), le département put mettre en vente ce local qui ne lui était plus d’aucune utilité. Devenu hôtel de ville, l’intérieur en fut profondément remanié pour s’adapter à de nouvelles fonctions et la toiture à la Mansart remplacée par une toiture en tuiles courbes à trois eaux. Restent de l’ancien décor intérieur quelques boiseries du XVIIIe siècle, la grille d’entrée de la cour, la porte d’entrée et son imposte en fer forgé, et surtout un superbe escalier à rampe de fer forgé qu’un projet de rénovation au XIXe siècle faillit faire disparaître. En plus des services de la mairie, l’hôtel de ville abrite la bibliothèque municipale.
L’hôtel de ville possède des collections patrimoniales assez riches : archives municipales, clés des anciennes portes de la ville, fonds de livres anciens, ensemble d’objets religieux, etc...
Texte de Pierre Boulanger et Jean Reyrat
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