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L’Hôtel de Ville de Barbezieux

La ville de Barbezieux située à 30 Km d’Angoulême et à 30 Km de Cognac, est dominée par son château qui surplombe les vallées du Trèfle à l’ouest et de la Petite Champagne à l’est. Le bourg s’est développé au Moyen Age autour du prieuré Notre-Dame, dit aussi Saint-Mathias, fondé en 1043.

Installée au départ dans l’ancien presbytère de l’église Saint-Mathias, la mairie de Barbezieux a été transférée en 1800 au premier étage du bâtiment du Minage (ancienne salle de justice). Elle y demeura jusqu’en 1859 avant de déménager dans le bâtiment de l’actuelle Perception situé dans le centre ville au numéro 1 de la rampe des Mobiles. C’est en 1951 que la mairie s’installe dans l’hôtel particulier des Texier de la Peygerie. La municipalité de Barbezieux n’a donc jamais entrepris la construction d’un Hôtel de Ville à part entière. Au contraire, elle a su profiter de son riche patrimoine urbain et notamment de ses beaux hôtels particuliers construits aux XVIIe et XVIIIe siècles par de riches propriétaires terriens, pour y installer la plupart de ses administrations (Hôtel de ville, Hôtel des finances, Perception…). L’ancien hôtel particulier des Texier de la Peygerie est situé en haut de la rue Marcel Jambon. Il est imbriqué dans le maillage serré des rues du centre ville. La date de construction du bâtiment est inconnue, mais on sait qu’il existait déjà en 1779. Il s’agit d’un bel exemple d’hôtel urbain du XVIIIe siècle. L’actuel Hôtel de Ville de Barbezieux présente un plan entre cour et jardin très répandu aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le bâtiment était jadis pourvu de deux pavillons d’entrée et d’une grille, aujourd’hui disparus.

La façade en pierre de taille présente un soubassement correspondant à la cave, deux niveaux scandés de sept baies chacun. Les baies du rez-de-chaussée sont toutes à arc segmentaire, tandis qu’au deuxième niveau les formes des baies alternent entre arc segmentaire et angle droit. Deux pilastres se déployant sur le rez-de-chaussée et le premier étage de la façade, encadrent les cinq travées centrales. La toiture d’ardoise à pan brisé est percée de trois lucarnes éclairant les combles : l’oeil de boeuf central est très ouvragé tandis que les deux autres lucarnes à arc segmentaire sont plus sobrement décorées. La décoration extérieure de la façade est assez sobre mais l’accent est porté sur la travée centrale et notamment l’entrée dont la porte, accessible par un petit escalier, est ornée de belles ferronneries. La porte d’entrée est encadrée d’un chambranle à bossage légèrement saillant dont le linteau est orné d’un masque humain encadré de volutes. L’ensemble est surmonté d’un entablement.

Le plan du bâtiment et le vocabulaire architectural employé (entablement, baies à arc segmentaire, bossage, toiture mansardée, lucarnes éclairant les combles, masque, ferronnerie…) sont caractéristiques de l’architecture classique française du XVIIIe siècle. Au sol à l’entrée, une plaque en pierre rappelle le nom de l’ancien propriétaire et évoque la précédente fonction du bâtiment : siège de la sous-préfecture de Barbezieux de 1825 à 1926.

 
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