
L’Angoumois conserve encore quelques forêts comme celles de la Braconne ou de la Boixe, et de belles vallées occupées très tôt par l’homme. Les falaises impressionnantes de la vallée des Eaux-Claires sont riches en vestiges préhistoriques, comme le sont également les grottes de Sers, Vilhonneur ou Mouthiers-sur-Boëme.
Les terres agricoles sont particulièrement riches autour d’Angoulême. Le vignoble est implanté dans ces contrées dès le IIIe siècle. Le vin, objet d’un commerce très important au XIIIe siècle, mais se conservant difficilement lors du transport, est brûlé et transformé en eau-de-vie. On constate alors que ces eaux-de-vie conditionnées en fût de chêne se bonifient avec le temps. Au XVIIe siècle, le commerce en est florissant et entraîne ainsi la renommée du vignoble charentais.

Le fleuve a également permis à l’Angoumois l’essor de la fabrication du papier à partir du XVIe siècle. La qualité et la quantité des eaux de la Charente et de ses affluents constituaient des conditions idéales pour entraîner les roues à aubes des moulins, nettoyer correctement les fibres végétales... Le moulin du Verger, sur la commune de Puymoyen, témoigne encore de cette activité papetière.

L’Angoumois est marqué par les nuances subtiles entre la pierre et la lumière, les plaines et les reliefs, les rivières et les forêts, le patrimoine et les paysages. C’est une terre où le moindre village arbore le clocher de son église romane autour de laquelle se sont regroupées les maisons en pierre. La pierre calcaire, presque omniprésente, a permis le développement d’un bâti de qualité en ville comme à la campagne.

La ville d’Angoulême est située sur un site exceptionnel : un promontoire rocheux naturel surplombant la vallée de la Charente. Entourée de remparts depuis la fin du IIIe siècle jusqu’au XVIIe siècle, la cité s’est ensuite ouverte sur les paysages alentour, pour constituer cette ville belvédère marquée par la couleur de la pierre calcaire associée à celle, orangée, des toits de tuiles canal. Deux périodes principales ont marqué la cité angoumoisine : l’époque médiévale et le XIXe siècle. De la première on retiendra : les rues sinueuses, souvenir du parcellaire médiéval, mais aussi de grands édifices comme la cathédrale Saint-Pierre, l’ancien château des comtes d’Angoulême, la chapelle des Cordeliers, l’église Saint-André… La seconde correspond à un intense moment d’urbanisation.
Aux alentours, de belles demeures témoignent de l’activité de construction de la Renaissance au XVIIIe siècle : le château de Balzac, résidence du grand épistolier Jean-Louis Guez de Balzac, élevée au XVIIe siècle, le château de la Tranchade à Garat ou celui de l’Oisellerie à La Couronne.

Le patrimoine rural révèle, lui, un certain goût pour la discrétion : les bâtiments agricoles et viticoles à cour fermée sont pléthore en ce pays, donnant seulement à voir leur beaux portails à volutes, signe de réussite sociale du propriétaire. Les sources, lavoirs, moulins racontent le lien entre les habitants et l’eau ; les fours, pigeonniers et granges témoignent d’une vie agricole intense. L’architecture industrielle atteste de l’histoire de l’Angoumois aux XVIIIe et XIXe siècles avec la fonderie de Ruelle fondée au XVIIIe siècle par le marquis de Montalembert, ou bien l’usine hydraulique de Gond-Pontouvre aux portes d’Angoulême...

L’art roman
Le Moyen Age est, pour l’Angoumois, la période du plein épanouissement de l’art roman. Les églises de Brie, Vindelle, Coulgens, Charmant illustrent les débuts de l’art roman au XIe siècle. Dans le premier tiers du XIIe siècle, la construction de la cathédrale d’Angoulême va être décisive pour la diffusion d’un type d’églises paroissiales à façade à arcatures abritant des sculptures (Trois-Palis, Linars, Plassac, La Couronne, Dirac,...). Le choix de la nef à file de coupoles élu pour la cathédrale est également repris par de petits édifices (Fléac, ...). La curieuse église à plan centré de Saint-Michel est un autre exemple du vaste mouvement de construction religieuse du Moyen Age. La période médiévale a vu naître sur ce territoire une grande abbaye, celle de Saint-Amant-de-Boixe, dont l’histoire est liée à celle du donjon voisin de Montignac également élevé par les comtes d’Angoulême.
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