Bassac se situe en Ouest Charente, à quelques kilomètres de Jarnac.
L’abbaye de Bassac, située dans l’ancien diocèse de Saintes, fut fondée peu après l’an Mil, par Wardrade, seigneur de Jarnac, et son épouse Rixendis, au retour d’un pèlerinage à Rome. Elle fut consacrée par les évêques d’Angoulême et de Saintes et placée sous les vocables de Notre-Dame, saint Etienne, saints Pierre et Paul.

Le monastère, tout d’abord placé sous la règle de saint Benoît et occupé par une vingtaine de religieux de Saint-Cybard d’Angoulême, fut rattaché de 1095 à 1246 à l’abbaye clunisienne de Saint-Jean-d’Angély. L’ensemble eut à souffrir de la guerre de Cent Ans et des guerres de Religion avant d’être en partie reconstruit par les Mauristes au XVIIe siècle et abondamment restauré au XIXe siècle.
La prospérité de l’abbaye et l’augmentation du nombre des religieux ont conduit, au XIIIe siècle, à remplacer la première église romane par un bâtiment de style gothique, en conservant cependant les bases de murs du XIe siècle et l’élégant clocher roman dont la partie supérieure fut achevée au XIIIe siècle.

L’édifice, de plan rectangulaire, se compose de quatre travées terminées par un chevet plat. L’église de Bassac est un des rares édifices en Charente à présenter l’emploi de voûtes d’ogives bombées dans le style gothique de l’Ouest. Au XVe siècle, le mur du chevet fut percé d’une grande baie à remplages. A cette époque, l’église fut fortifiée, flanquée de deux échauguettes sur la façade, et l’abbaye fut entourée d’une enceinte.
La façade gothique de l’église, particulièrement soignée, reste fidèle aux schémas romans spécifiques à la région mêlant arcatures et portail polylobé. L’élan des arcades, la décoration des frises et des chapiteaux, s’inscrivent à part entière dans le style gothique.

L’abbaye, dès 1666, fut largement favorisée par l’introduction de la réforme des Mauristes, qui élevèrent les immenses bâtiments conventuels. Le remarquable ensemble mobilier de l’église date aussi de cette époque : les stalles, le lutrin, le jubé, le retable permettent d’évoquer la richesse du décor intérieur des églises.
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